Petite vie de mummy

Respect et bienveillance…

5 juin 2017

L’autre jour j’ai accompagné Mila au square pour qu’elle puisse s’amuser et faire du toboggan.

Un moment qui s’annonçait plutôt sympa jusqu’à ce que je m’aperçoive du comportement tout à fait scandaleux du groupe de nounous assise à côté de moi.

Ce n’était pas la première fois que je me disais intérieurement que cette façon de parler à un enfant n’était pas approprié.

Mais depuis que je m’intéresse à la discipline positive et que Mila est dans une crèche bienveillante certains comportements de certains adultes me piquent au vif et je me retiens parfois très fort pour ne pas m’en mêler…

J’ai envie de penser que ça ne me regarde pas en plus, mais ce jour là j’ai parfois eu l’impression qu’on était pas loin de la maltraitance.

Sur le banc à côté de moi siégeait donc 3 nounous. Assises en rang d’oignons, en train de s’écouter vaguement en tapotant sur leurs téléphones.

La première chose qui m’a sauté aux yeux c’est qu’un des enfants était assoupis dans sa poussette en plein soleil sans aucune protection. Ni chapeau, ni lunettes, ni capote de poussette et quand bien même ça arrive d’oublier tout ça, on peut tout simplement déplacer la poussette afin de profiter de l’ombre d’un arbre… (ce qui ne manquait pas dans ce square) Mais j’imagine que Nounou #1 préférait profiter du soleil pour se dorer la pilule.

Nounou #2 elle, était en charge de 2 enfants qui jouaient normalement sur l’aire de jeux. Ils avaient l’air complice et s’amusaient entre eux. Jusqu’à ce que Nounou #2 perturbe leur moment pour demander à l’un d’entre eux de venir la voir. Sans détacher son regard de son téléphone portable, elle lui hurle

– « Axel, vient ici »

D’un ton qui était somme toute très similaire à quelqu’un en train de rappeler son chien à l’ordre.

Axel se plante donc devant sa nounou, elle les yeux toujours rivés sur son téléphone, et pourtant il patiente. Il était tout morveux, et quand Nounou #2 daigne lever les yeux vers lui, elle le réprimande de ne pas être venu lui même demander un mouchoir :

-« Pourtant tu es grand tu devrais le savoir ».

Bim prends ça dans ton nez. Petit Axel d’à peine 2ans et demi t’es vraiment nul de pas savoir gérer tes crottes de nez, à ton âge franchement c’est chaud…

Au tour de Nounou #3, l’un des 2 enfants qu’elle « gère » possède une trottinette. Au bout du square il y a une petite descente, follement attirante pour Louis qui semble adorer les glissades ! Mais Nounou #3 se mets à hurler à 5 mètres de Louis qui se dirige vers la descente :

– « JE TE PREVIENS TU N’AS PAS INTERÊT A DESCENDRE SINON JE TE LA CONFISQUE ! »

Et c’est là qu’on s’aperçoit à quel point la menace et le chantage fonctionne parfaitement sur un tout petit… (wait for it)

Louis fait donc demi tour et se dirige vers l’aire de jeux pour rejoindre les autres enfants.

Louis a pris sa trotinette et il a la bonne idée de lui faire faire du toboggan. Il fait donc descendre sa trottinette (seule) sur le toboggan. Nounou #3 ne voit rien, elle papote avec ses copines.

Il recommence.

Alors Nounou #2 qui avait l’oeil qui traînait à ce moment là prévient Nounou #3 qui se met à hurler depuis son banc :

– « T’AS PAS INTERÊT A RECOMMENCER »

Et hop 2 minutes après, la trottinette fait une 3ème descente de toboggan (et heurte un enfant au passage).

Nounou #3 bouge enfin son cul se lève de son banc et confisque la trotinette à grand renfort de :

– « Je t’avais prévenu, tu n’écoutes rien »

La scènette se termine, la moitié des enfants en train de pleurer et les nounous à hurler toujours assise depuis leur précieux poste de contrôle, le banc.

C’est à ce moment que je décide de partir. Mila comprenait pas du tout ce qui se passait autour d’elle, elle a à peine jouer, je crois qu’elle sentait les ondes négatives qui nous entouraient !

Sachez que je n’ai rien exagéré, et que j’ai pas mal de petites histoires de ce genre à raconter suite à ce moment au square (un moment qui a duré tout de même 30 minutes je n’ose imaginer une journée entière).

Je ne publie pas cet article pour faire la morale ou pour dire que je sais mieux que les autres comment s’occuper d’un enfant. Et encore moins pour dénigrer le métier de Nourrice.

C’est tout à fait faux, ceci représente bien évidemment une partie des personnes qui exerce ce métier. Et je discute très régulièrement avec des assistantes maternelles sur les réseaux sociaux qui me confient qu’elles sont en train de faire évoluer les choses et les façons de faire. En tant que parents il est également notre devoir de nous intéresser à d’autres méthodes d’éducation. (Et regarder Super Nanny n’est certainement pas une solution)

 

En devenant maman il y a des rouages qui se sont mis à tourner dans ma petite tête. Je cherchais à entrer en communication avec ma fille. Je voulais la comprendre alors j’ai fait des recherches et j’ai lu des choses passionnantes à ce sujet.

Notamment ce livre « La discipline positive » dans lequel j’ai relevé cette phrase très juste :

D’où nous vient cette folle idée que pour qu’un enfant se conduise mieux, il faut d’abord qu’il se sente dévalorisé ?

Et c’est exactement ce que j’ai ressenti en regardant les 3 Nounous agirent comme elle le faisaient.

Leur manière de se considérer comme étant supérieure aux enfants.

De ne pas se lever de leur banc pour aller expliquer à l’enfant en se postant devant lui et en le regardant dans les yeux.

De ne pas accompagner l’enfant quand il souhaite faire une expérience, glisser à trottinette dans une descente, pourquoi ne pas l’avoir laissé faire en restant à ses côtés pour éviter qu’il ne se blesse ?

Pourquoi ne pas aller vers l’enfant quand on remarque qu’il a besoin de soin tel qu’être mouché ? Et lui expliquer que si il a besoin à nouveau de se moucher il peut demander de l’aide à un adulte, ou bien lui laisser un mouchoir dans sa poche ?

L’adulte cherche en permanence à ce que l’enfant se comporte comme lui. C’est totalement aberrant.

Donc on fait des enfants pour qu’ils nous fichent la paix et soit capable de s’auto-gérer du haut de leurs 20 mois ?

Je ne dis pas que c’est simple d’être parent, ou nounou, ou figure d’exemple pour un plus petit. Mais il serait temps que l’on commence à se remettre en question.

On le voit certaine méthode ne fonctionne pas, l’humiliation par la punition et la violence par exemple.

Expliquer à l’enfant et faire preuve d’empathie permet à long terme de lui donner confiance en lui afin qu’il réussisse à prendre ses propres décisions.

Attention je ne dis pas qu’il faut être laxiste. Car souvent la discipline positive et la permissivité sont confondus. Au contraire c’est une éducation qu’il faut organiser : fixer des règles, des limites et prendre le temps d’expliquer.

Si ça vous intéresse je vous conseille la lecture de ces 3 livres qui m’inspirent au quotidien.

Chaque jour est un challenge, je cherche les bonnes formules pour communiquer avec Mila. Très souvent je tâtonne je sais que je n’ai pas choisi la meilleure formulation. Parfois avec la fatigue je m’emporte. Mais je tente au maximum de me reprendre et de m’améliorer. Il n’y a pas de problème tant qu’on s’adresse à son enfant avec amour.

Petit à petit je prend mes marques dans cette méthode et c’est assez satisfaisant.

Et vous que pensez-vous de cette pédagogie ?

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4 Comments

  • Reply Camille 6 juin 2017 at 2:39

    Totalement d’accord ! J’ai les mêmes livres de chevets et les mêmes constats au quotidien sur le manque de bienveillance envers les enfants. Selon moi c’est la conception/vision de l’enfant au sein de la société qui aurait besoin d’évoluer..
    Ca fait du bien de savoir que d’autres personnes partagent ce point de vue.
    Quand tu dis que Mila est dans une crèche bienveillante, c’est quoi exactement ? Est ce que la bienveillance est annoncée comme au cœur de leur projet éducatif ou c’est un ressenti que tu as sur le personnel de sa crèche ? A bientôt 🙂

    • Reply momraths 7 juin 2017 at 1:47

      Bonjour Camille et merci de ton message 🙂
      Pour te répondre Mila est dans une crèche dont le projet éducatif est fondé sur les pédagogies Maria Montessori et Reggio Emilia. J’apprends beaucoup grâce au personnel qui me donne toujours d’excellents conseils ! C’est un vrai bonheur et je suis déjà très angoissée rien qu’à l’idée de penser qu’elle quittera un jour cet environnement si bienveillant…

  • Reply Maïlys LD 6 juin 2017 at 9:13

    Ça me fait drôlement plaisir de lire ce genre d’articles venant d’une personne qui n’a pas reçu les enseignements qu’on les professionnels.

    J’ai passé un CAP Petite enfance et je suis à la fin de ma formation d’auxiliairede puériculture.

    Ces sujets sont vaguement abordés au bon vouloir de notre école, car ils ne sont pas obligatoires, par contre en CAP petite enfance, ces notions ne sont jamais abordées et pourtant, beaucoup ont cette formation pour exercer, tant pour les Assmats qu’en crèche. (Dans ma classe de CAP Petite enfance, tout le monde à eu son diplôme, et ça fait peur maus y’a bien 1/3 de la classe à qui je n’aurai jamais confié un enfant, même 5minutes).

    J’ai acheté pas mal de bouquin aussi et le premier qui m’a ouvert les yeux est « Au cœur des émotions de l’enfant » d’Isabelle Filliozat qui est une véritable mine d’or, depuis, je suis à fond dans cette manière de penser là.

    Bien sûr que ce n’est pas facilement appliquable, car ça va à l’encontre de ce qui nous est transmis.

    J’ai pu observer que la remise en question de soi, y compris devant l’enfant, ne remet pas en cause notre « autorité ». Combien de fois, dépassée et exténuée par les cris, les coups, etc des 4enfants que je gardais, je leur ai crié dessus parce que je ne savais plus quoi faire d’autre ? Bien sûr que ça les a calmé, mais qu’est-ce que je m’en voulais. Je suis donc allée m’excuser, parce que je n’avais pas à faire ça. Et bien, c’est pas pour autant qu’ils ne m’ont pas respectée le reste du temps ou écoutée quand je voulais leur parler.

    Je pense que les enfants mettent du temps à s’habituer à ça, surtout quand c’est contradictoire maison/accueil et que donc on ne voit pas de suite les résultats mais à la longue, je suis sûre que oui. Parfois, je veux leur dire quelque chose, ça me vient qu’en négatif et je leur dit  » attends, je réfléchis à comment te dire ça » et ils attendent que j’ai réussi à formuler ma phrase, pas tous les enfants certes, mais une grande partie.

    Le problème, c’est qu’il faut que ça vienne de nous et je vois aussi de plus en plus de « comportement choquant » de la part des professionnels (je fais la différence entre les parents et les pros car les parents n’ont pas ces notions là si on ne leur en parle pas, nous en tant que pro oui) et pourtant, on a les bases et je pense que ne pas les approfondir de notre propre initiative est de la pure flemme de s’améliorer ou simplement l’idée qu’ils sont meilleurs que les autres, et donc une incapacité à se remettre en question et à évoluer, ce qui est pourtant la clé dans un métier comme le notre.

    • Reply momraths 7 juin 2017 at 1:50

      Bonjour Maïlys et merci beaucoup de ton message !! Je suis ravie de lire l’avis d’une professionnelle et d’autant plus ravie d’être soutenue dans ce sens !
      C’est super que tu te sois impliquée dans ces pédagogies, c’est triste en revanche d’apprendre que cela ne fait pas partie du programme…
      Je te rejoins sur tout ce que tu dis et ça me fait chaud au coeur de savoir qu’il existe des personnes comme toi ! Merci beaucoup !

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