Interview de Émilie la créatrice de la marque pour enfants minimaliste et éthique « Minabulle »

Cette année j’ai envie de mettre en lumière le travail des petits créateurs. Il est évident pour moi aujourd’hui que c’est eux qu’il faut soutenir. Car leur travail est honorable et que leur démarche est réfléchie. Consommer moins, mais consommer mieux, telle est ma devise depuis plusieurs années. Et maintenant plus que jamais…

Alors, à ma petite échelle je souhaite leur offrir une place sur mon blog pour en apprendre encore plus sur eux et sur leur méthode de travail. Mais aussi, j’ai envie de savoir ce qui les anime et ce qui les inspire au quotidien pour créer d’aussi beaux produits…

De temps en temps je poserais quelques questions à un créateur cher à mon coeur. Je suis ravie aujourd’hui de vous partager cette interview que j’ai réalisé l’an dernier avec Émilie, la très cool créatrice de Minabulle, la marque de vêtements éthique pour les petits.

À la découverte de Minabulle

J’ai découvert Minabulle sur Instagram. J’ai été rapidement séduite par les engagements d’Émilie : sa politique de proposer des vêtements non-genrée le tout dans un univers poétique avec une touche de fun. Des collections fabriquées avec amour dans le respect de l’environnement et de l’humain. J’aime les coupes des vêtements qu’elle invente : confortables, pensés pour vivre. Des coloris naturels et des textures douces… J’aime aussi l’idée que l’on puisse se concocter un dressing capsule avec seulement quelques pièces pour une multitude de looks.

Mais trêve de blablabla, je vous laisse maintenant découvrir son interview, bonne lecture !

Interview d’Émilie, créatrice de Minabulle

Coucou Émilie et merci d’avoir accepté de répondre à mes petites questions ! Alors pour commencer j’aimerais savoir quel a été ton parcours pour en arriver à créer ta jolie marque Minabulle ?

Hello Marine, merci de m’inviter ici 🙂 J’ai suivi des études aux Beaux-Arts, où je travaillais déjà autour des notions de fil, de tissage, de suspension. C’est là que j’ai commencé à toucher à la couture pour élaborer des sculptures, des installations.
Puis j’ai eu envie de faire mes propres vêtements. Ma mère m’a appris à me servir d’une machine à coudre et ça a été la révélation ! Ensuite, comme beaucoup de créatrices, c’est en attendant mon 1er enfant que j’ai découvert l’univers de la mode enfantine et en suis tombée amoureuse…

Est-ce qu’il y a eu un élément déterminant pour te lancer dans l’aventure de la mode enfantine ?

Oui après l’arrivée de ma fille, je suis restée pas mal de temps à la maison pour partager sa découverte du monde. Ça a été une période à la fois très riche pour cette relation mère-enfant si unique, et en même temps pleine de questionnements sur ce que je voulais faire de ma vie. Je cousais des petites choses pour elle et avec les encouragements de mes proches, de mon amoureux, j’ai commencé à mettre en vente des petits habits cousus main. Puis, de fil en aiguille (ah!), j’ai appris les techniques de patronnage, je me suis petit à petit professionnalisée et je me suis entourée pour la partie fabrication. Minabulle grandit petit à petit depuis ses débuts, évolue sans cesse. Pas de lancement exponentiel et fulgurant, mais ma marque grandit un peu comme grandit un enfant 🙂

Comment décris-tu ta marque et d’où vient le petit nom “Minabulle » ?

Minabulle était le nom que j’avais donné à une marionnette que j’avais créé à mon effigie lorsque j’étais aux Beaux-Arts. Ce mot valise est composé de « Mina » qui est un prénom que j’adore depuis mes 15 ans (le film Mina Tannenbaum, Dracula etc.) et dont j’ai toujours voulu appeler ma fille (le genre de projection d’adolescente qui me fait sourire!) Et « bulle » car ce mot évoque pour moi l’enfance à merveille. Je trouvais que le mix des deux évoquait quelque chose d’assez poétique, qui me caractérisait plutôt bien.
Donc quand j’ai officiellement créé ma marque, je me suis dit que ce mot était parfait pour une marque de vêtements pour enfant ! Et pour la petite histoire rigolote : ma fille s’appelle donc Mina ! Depuis quelques années, au gré de mes réflexions sur mon quotidien, ma vision de la mode et de l’enfance, mes collections sont de plus en plus épurées, minimalistes. Mes réflexions tournent autour de garde-robes minimalistes, composées d’essentiels à avoir dans son dressing. Il me tient à coeur que le mode de production de mes collections soit éthique et écologique : je fabrique en France et au Portugal, dans des matières naturelles bio (presqu’à 100%), des teintures et imprimés oko-tex. Je réfléchis à des pièces mixtes, tant dans les formes que dans les couleurs ou les imprimés (sauf 1 ou 2 modèles de robes/jupes). Je trouve de plus en plus choquant d’enfermer les enfants dans des caricatures de genres, comme c’est souvent le cas dans la grande distribution.

Quels sont les mots qui qualifient le mieux ton univers ?

Unisexe, poétique, minimaliste, confort et valeurs.

Comment conçois tu tes collections ? 

Ma réflexion autour de l’élaboration des collections change, donc mon processus de création tend à se modifier. Mais globalement, je travaille autour d’une thématique, d’un moodboard. Cela me sert de fil conducteur pour que ma collection soit cohérente et raconte une histoire (c’est ce que j’ai appris aux Beaux-Arts). Cela détermine le choix des couleurs, des imprimés. Même si depuis plusieurs années, je travaille avec une gamme de couleurs minimaliste et presque permanente. Ensuite je réfléchis aux essentiels pour une garde-robe d’enfant, par rapport à mon expérience de maman, à mes enfants.Je choisis les matières et je choisis les couleurs et imprimés, de façon à ce que les vêtements puissent très largement se mixer les uns avec les autres. Une fois le plan de collection dessiné, j’envoie les recommandations aux ateliers et commande les prototypes.
A réception des protos, j’organise un shooting pour illustrer le lookbook de la collection (qui sera proposée aux revendeurs environ 1 an avant sa mise en ligne au public), ce qui me permet de faire des petites retouches sur les modèles ou d’apporter des améliorations si besoin 😉

Qu’est-ce qui t’inspires le plus ?

La nature est ma source d’inspiration première : je vis à la campagne, entourée de verdure, de petites bêtes, d’animaux… Et nos voyages où la nature, la découverte de paysages est notre but. Et puis, mes enfants bien sûr, qui ne cessent de me surprendre et qui m’apprennent tellement…

Quelle est ta pièce préférée et pourquoi ?

Pfff j’en ai beaucoup, toutes même ! Mais si je devais en choisir une, ce serait peut-être la barboteuse BASILE que j’adore. C’est une pièce unisexe par excellence, et j’adore son côté loose hyper cool et confortable !

Et quelle est la pièce préférée de tes client-e-s ?

Incontestablement la jupe MARGOT dans les capsules femme, et la combishort SACHA dans la catégorie bébé.

Quel était ton vêtement préféré lorsque tu étais enfant ?

Olala il y en a eu pas mal, avec des périodes bien distinctes ! Petite, je kiffais les robes à grosses fleurs, un peu petite fille modèle, avec manches ballon, col Claudine etc.😂. J’ai eu un fuseau rose saumon aussi que j’adorais!!! 😂

Des projets pour Minabulle ? Une info à nous partager ? 

Oui, on sort une nouvelle collection capsule en collaboration avec Flo du compte IG J’aurais pu m’appeler Marcel, avec un nouvel imprimé et de quoi créer de jolis looks matchi matchy !

Merci beaucoup Émilie pour ton temps, je suis ravie d’en savoir plus sur toi et ta jolie marque. J’ai hâte de découvrir toutes ces nouveautés !!

Vous connaissez Minabulle ? J’espère que cet article vous aura plu et n’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous pensez de cette jolie marque !

Sur les photos Jude porte la gigoteuse nouée THAIS #4 et je porte la jupe MARGOT #4 avec une maille Sézane.

À bientôt !

1 comment

  • « Ma marque grandit un peu comme grandit un enfant » – j’adore … C’est vrai que beaucoup de créateurs/créatrices dans le monde de l’enfance ont le déclic en étant eux-même enceinte ou en voyant grandir leurs enfants. Je trouve ça génial. Je trouve que c’est ce qui caractérise le plus les petits créateurs : les vêtements pour enfant, ou jouets qui soient mixtes, bien pensés. Alors oui, certains vêtements sont plus adaptés à des filles (je pense aux jupes, aux robes, aux froufous et aux dentelles) mais souvent, les couleurs ne restent pas trop genrées (des coloris neutres, pastels, naturels, utilisés tant pour les petits garçons que les petites filles). Je n’ai pas mis les pieds dans un magasin depuis longtemps, mais les rares fois où j’y passe, je me rend compte combien les rayons « pour fille » sont déjà bien plus grands que ceux pour garçons, et que les couleurs dominantes sont bleus/roses dans ce genre de rayons. Ça me rend dingue bien sûr. Même sur Vinted, il y a la catégorie « bébé fille » et « bébé garçon » – parce que finalement, il y a encore tellement de monde qui raisonne comme ça que les stratégies marketing ne peuvent pas faire impasse dessus sous peine de moins influencer les consommateurs. Je n’imaginais pas que les créations et collections étaient préparées et proposées autant en avance que cela ! C’est fou ! En tout cas, Marine, bravo pour cet interview, j’ai bien hâte d’en lire d’autres et de découvrir d’autres créateurs et créatrices. 🙂

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