Je vous raconte mon 3ème trimestre de grossesse et le récit de mon accouchement…

Jude aura bientôt 4 mois et je n’avais pas pris le temps encore de vous raconter la jolie histoire de sa naissance… Je vous avoue que je laissais traîner un peu car je suis déjà très nostalgique de tout ça et je n’étais pas encore tout à fait prête pour le relater…

Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai adoré être enceinte, et j’ai adoré accoucher. Ce sont les moments les plus forts de ma vie et si je le pouvais, je revivrais ces moments avec plaisir ! Vous pouvez lire ou relire mes articles sur le premier trimestre et le 2ème trimestre de ma grossesse 🙂

Le 3ème trimestre de grossesse

En Juillet débutait la dernière ligne droite, et rétrospectivement je peux dire que c’était le meilleur moment. Nous étions déconfinés, bébé allait bien, je sentais tout le temps ses petits coups de pieds, les vacances à la mer approchaient, j’ai revu mes amis et ma famille. C’était vraiment top.

Aussi, après avoir passé les 2 premiers trimestres fatiguée comme jamais, on découvre après une prise de sang que je fais de l’anémie. Je débute alors un traitement au fer et cela me remets d’aplomb pile à temps pour partir en vacances. Nous partons donc pour le sud-ouest. Nous passons toutes nos vacances en mode très cool, on se repose, on voit des amis. C’était tellement bien de revoir des gens. À cause du covid nous faisions bien attention de ne pas nous approcher les uns des autres. Et tout s’est bien passé pour nous heureusement !

Fin août je fais ma baby shower dans le jardin de mes parents à la campagne. C’est l’occasion de montrer mon ventre bien rond aux amis et à la famille qui ne m’avaient pas encore vu. J’ai passé des merveilleux moments cet été là et c’était vraiment parfait.

Physiquement j’ai très mal au dos, je fais plusieurs séances d’ostéopathie qui me soulagent un peu mais j’aurais quand même souffert de mon dos jusqu’au bout. Mais à part ça tout va bien 🙂

La dernière ligne droite

À la rentrée en septembre je profite plus que jamais de Mila, j’essaie de l’accompagner et d’aller la chercher à l’école le plus possible, me disant sans cesse que c’est peut-être la dernière fois avant d’accoucher ! J’organise aussi une séance photo de grossesse avec ma photographe adorée Elsa Lebaratoux (vous pouvez lire mon article à ce sujet par ici). Je veux avoir le maximum de souvenir de ces derniers moments où je porte la vie ♡

Ce dernier mois est aussi synonyme de stress car mon conjoint travaille beaucoup et j’ai peur qu’il ne puisse être présent le jour où j’accouche ! Il a un métier qui ne lui permet pas de quitter son poste. Si je dois partir à la maternité alors qu’il travaille, je sais que je devrais accoucher seule, et cela m’angoisse… J’en parle autour de moi et sur Instagram, une abonnée me suggère de visualiser une date. La date à laquelle j’aimerais accoucher. Je choisis la date du 24 septembre. Ce jour là mon copain aura finit son travail et on aura pu fêter l’anniversaire de Mila le 23, cela me semble parfait. Sachant que mon terme est le 2 octobre, le jour de mon anniversaire…

Le 20 septembre, j’organise un goûter d’anniversaire en avance pour Mila. J’avais prévenu les invités que je devrais peut-être annuler en dernière minute. Mais je n’ai pas accouché avant et nous avons pu fêter comme il se doit, les 5ans de la future grande soeur ! C’était génial de pouvoir lui offrir ce moment rien qu’à elle ♡

Le 23 septembre, le vrai jour de l’anniversaire de Mila j’avais envie que l’on passe une journée spéciale, une dernière fois avant d’être 4. Ce jour là était pour moi très important. J’avais envie d’être à 100% avec Mila. Le matin elle prenait son 1er cours de danse, et en rentrant elle a reçu son cadeau d’anniversaire, un vélo rose ! On a donc été à la danse, on a été faire du vélo rose au parc, j’avais acheté des éclairs au chocolat et elle a soufflé ses 5 bougies. C’était une journée toute douce et je me sentais si bien à ce moment là, c’était une journée parfaite en tout point. Et puis vers 15h je perds le bouchon muqueux…

Les premières contractions

Pour Mila il s’était passé la même chose, je sais que la perte du bouchon peut arriver plusieurs jours avant d’accoucher. Et tant que je ne perds pas les eaux, il n’y a pas de raison de s’affoler. Et pourtant, à ce moment là, je sais que c’est pour bientôt. Je passe le reste de la journée à profiter de ma fille tout en écoutant mon corps à l’affut du moindre signe.

Aux alentours de 18h, je sens que ça se contracte dans mon ventre. Je n’ai pas mal, mais cela revient très régulièrement. Dès le début je comprends que ce sont des contractions. Impossible que ce soit un faux travail, je le sens, je le sais : c’est pour bientôt ! En revanche, comme je ne souffre pas, je ne suis pas crédible aux yeux de mon copain ! Je lui dit que j’ai des contractions régulières, et qu’il va falloir se préparer. Il rigole car je n’ai pas mal et il me dit que je suis bien trop cool pour que ça soit pour aujourd’hui !

J’insiste quand même et vers 20h je lui demande d’appeler la personne en charge de gérer Mila si on doit partir à la maternité. Dans ma tête je préfère que cette personne vienne maintenant et qu’on puisse partir sereinement dans la nuit, plutôt que de devoir l’appeler en panique à la dernière minute. Surtout qu’on m’avait prévenu : « attention un deuxième ça peut arriver vite ! »

Notre baby sitter qui est un membre de la famille arrive donc vers 21h. Les contractions sont toujours régulières mais non douloureuses. Je sens bien que personne ne me prends au sérieux quand je dis que je vais bientôt accoucher. Alors on réfléchit à un film et on s’installe dans le canapé devant « Knocked up » (en cloque mode d’emploi) une comédie que j’adore et totalement sur le sujet ! On avait regardé sur Internet comment accélérer le travail et il y avait comme conseil de manger des dattes, monter/descendre les escaliers et rigoler. Donc une comédie nous semblait toute adaptée.

Pendant tout le film j’ai des phases où je me lève car je sens les contractions plus fortes. Je marche et je respire. Finalement je ne regarde pas le film en entier. Vers 23h30 je me prépare pour essayer d’aller dormir quelques heures. Quelque chose me dit qu’il faut que je me repose. Je vais me laver les dents, je boucle mon sac de maternité et à ce moment une nouvelle contraction. Beaucoup plus douloureuse cette fois. Je me couche et les contractions se suivent de 3min. Je me crispe de plus en plus fort et j’essaie de gérer les exercices de respiration. Mon copain me retrouve, il se couche à côté de moi, et presque aussitôt je lui dit : « relève toi on y va maintenant. »

En route pour la maternité

Quelques jours avant, deux amies, mamans de 2 enfants m’avaient dit : « Pour un deuxième tout va plus vite alors dès que tu sens les contractions douloureuses tu ne tarde pas, tu pars à la maternité ! »

Par acquis de conscience je prends quand même le téléphone et j’appelle la maternité pour les prévenir. Je me rends compte quand je leur parle que je n’arrive pas à faire mes phrases d’une traite. Les contractions m’empêchent de parler. À l’autre bout du fil on me dit d’un air super joyeux « On vous attends madame, à tout de suite ! ».

Tout à coup j’ai vraiment réalisé que j’allais bientôt accoucher. Si on me donnait le go pour venir juste après ce coup de fil c’est qu’ils avaient bien senti à ma voix que ça allait arriver… J’attrape mon coussin de maternité, mon sac pour la salle de naissance. Mon conjoint prends les valises et on dit au revoir à notre baby sitter. C’est à ce moment là que Mila déboule dans le salon. En temps normal, Mila ne se relève jamais une fois qu’elle est endormie. Elle a les yeux tout ensommeillés mais elle est souriante et nous demande « vous allez à la maternité ? » Je lui réponds que oui et je decide de prendre 5 min pour la raccompagner dans son lit. Je la borde et elle me dit « je veux embrasser ma petite soeur » elle fait un câlin et embrasse longuement mon ventre et rien que d’écrire ces lignes, cela m’émeut énormément. Mila a pu faire un dernier bisou à mon ventre rond et elle nous a vu partir. C’était un magnifique moment, même si je commençais vraiment à sentir les vagues de plus en plus fortes…

Il est 1h du matin quand nous sommes installés dans la voiture (nous avions la voiture de ma mamie à ce moment là, ça nous a bien dépanné !). Les contractions se rapprochent, j’ai de plus en plus mal mais qu’est-ce que je me sens bien aussi. Je regarde les lumières de la nuit par la fenêtre, Paris est vide, c’est beau et j’ai plus que jamais hâte de rencontrer ce bébé…

La maternité

Arrivés à la maternité et après avoir rempli un petit test spécial covid pour savoir si l’on a des symptômes, on nous installe directement en salle de naissance. On me demande si je veux être examinée. J’accepte car je veux savoir où on en est. Je donne mon projet de naissance et je leur dit que j’aimerais beaucoup aller dans l’eau avant la pose de péridurale.

On m’annonce que je suis dilatée à 3 et à partir de ce moment là, très rapidement tout s’accélère. Chaque contraction est plus rapprochée et de plus en plus violente. On me dit que le bain est possible dans 20min. Je fais mes exercices de respiration, je visualise les phrases que j’avais appris par coeur comme « chaque contractions te rapproche de ton bébé », « ton corps sait ce qu’il doit faire », « tu vas y arriver »… Je demande à mon copain de mettre la playlist que nous avions préparé pour la naissance afin d’essayer de me mettre dans ma bulle. Et j’arrive à tenir 20 min. Mais lorsque l’on me dit que le bain est possible, j’ai tellement mal… Je suis agrippée aux bras de mon copain, la tête dans ses mains. J’abandonne mon projet de bain et je demande la péridurale. Je n’avais pas pour projet de faire un accouchement physiologique. Contrairement à mon premier accouchement où je souhaitais aller le plus loin possible sans péri. Après l’année que l’on venait de passer je n’avais pas la force de me challenger. Je me sentais faible et je n’avais pas du tout confiance en moi. En revanche j’étais déçue de ne pas réussi à faire l’expérience du bain ! Mais tant pis, j’avais besoin de me détendre et je ne voulais plus souffrir !

La péridurale

J’ai beaucoup repensé à ce moment car je ne m’en souviens pas de façon très nette. Et je sais qu’il m’a beaucoup affecté. On me pose la péridurale vers 3h, je suis assise sur la table, la tête dans les bras de mon conjoint et je perds les eaux sur ses chaussures ! Ça nous fait bien rigoler, mais pas pour longtemps. Car après la perte des eaux les contractions sont encore plus douloureuses (et à chacune se demander comment c’est possible que ça puisse faire encore plus mal !!). On me dit que la péridurale fera effet dans 20 min. Ça me semble être une éternité et surtout le soulagement ne vient pas… Pendant 1h je me tortille et je peine à faire mes exercices de respiration. J’ai toujours la même position, allongée sur le côté la tête dans les mains de mon copain et agrippé à ses bras. Il est mon roc je ne veux pas le lâcher. On m’explique que le produit ne fait pas bien effet d’un côté. À 4h on change le cathéter et on m’envoie une nouvelle dose. Et là, je ne sens plus rien depuis mon bassin jusqu’à mes chevilles !

Lors de mon 1er accouchement j’avais eu une pose parfaite de péridurale, pas de douleurs mais je sentais tout. Là rien à voir, j’avais la moitié du corps complètement anesthésiée ! Mais au moins c’est clair je n’ai plus mal du tout ! Je respire à nouveau tranquillement. Je tremble comme une feuille (effet de la péri) mais ce n’est pas grave. Je me détend enfin et tout va mieux. À 5h je suis dilatée à 10. Mais on nous annonce que bébé se présente par le front et que quand c’est comme ça, il n’y a pas d’autres options que de passer en césarienne d’urgence.

L’incompréhension

À ces mots, l’incompréhension m’envahît, je suis sans voix, je regarde mon copain, on reste silencieux. Et je ne sais pas quoi dire à part : « ok »

J’ai envie de pleurer, mais je n’y arrive pas, je ne veux pas y croire. Durant toute ma grossesse j’ai pensé à la césarienne. Je sais très bien que ça peut arriver et qu’il faut s’y préparer en gardant l’idée dans un coin de sa tête. Je m’étais toujours dit que si ça devait arriver, c’était pour le bien du bébé et que je devais avoir confiance en l’équipe médicale. Donc oui, j’étais ok avec l’idée mais c’était vraiment très dur de l’accepter en 2minutes…

La sage femme me dit que l’on appelle le docteur pour faire une échographie et pour regarder exactement comment est positionné bébé afin de prendre l’ultime décision. Presque instantanément 3 nouvelles femmes entrent dans la pièce avec la machine. Elles me font l’échographie et là on me dit que l’on va pouvoir tenter par voie basse. Bébé a un peu bougé et comme c’est mon deuxième enfant ça peut marcher.

Je serais éternellement et infiniment reconnaissante de ce retournement de situation. J’étais en train de me faire une préparation mentale express à la césarienne et tout à coup on me dit qu’il va falloir pousser… En revanche, on m’annonce que bébé commence à fatiguer donc qu’il faut y aller très vite. Et que je dois pousser très très fort…

Sauf que… Je ne sens rien ! Absolument rien… et je n’ose pas le dire mais je ne sais absolument pas comment je vais pouvoir faire. J’ai autour de moi 5 femmes. Et elles ont dû voir le désarroi dans mon regard car elles me disent « on croit en vous madame », « on va vous coacher », « vous allez y arriver », « vous êtes super forte ». Mon conjoint se joint à elles et tout à coup autour de moi j’ai une équipe de super coach qui me donnent la force mentale nécessaire.

La grande rencontre

Je reprends confiance en moi et dans ma tête je me concentre intensément. Je visualise le bébé qui sort. Je me répète que d’ici quelques minutes elle sera dans mes bras et j’imagine pousser de toutes mes forces. Après une longue inspiration, je fais ma 1ère poussée. Ça fonctionne, la sage femme me dit que c’est génial que la tête est sortie. J’entends mon copain enthousiaste ainsi que toute l’équipe médicale. Je sens l’euphorie dans la pièce, tout le monde est à fond c’est hyper grisant.

Je me concentre encore une fois, et au signal je fais une 2ème poussée. Il est 5h12 lorsque j’entends « tendez les bras » et ça y est, je l’attrape, elle est toute glissante et toute chaude, elle crie de sa mignonne petite voix, elle est là enfin dans mes bras, notre 2ème fillette : Jude ♡

Je suis un peu sonnée car tout cela c’est passée extrêmement vite. De la « menace » de césarienne d’urgence à la naissance de notre fille, il s’est passé si peu de temps. Et puis je prends peur quand je découvre le visage tout tuméfié de mon bébé. Elle a un oeil tout gonflé qui ne s’ouvre pas. Mais on me rassure très vite en me disant que ça va passer. Elle est restée dans une mauvaise position pendant un petit moment mais elle va très bien.

Jude est minuscule, elle pèse 2kg656. Et pourtant elle cherche déjà à téter, sa petite bouche fait des mouvements de succion. Alors naturellement je la positionne au sein et c’est parti pour une nouvelle merveilleuse aventure… Nous restons en peau à peau plusieurs heures, c’est magique. Son visage se dégonfle rapidement et nous découvrons peu à peu son adorable petit minois. C’est assez fou quand on voit les photos de sa naissance son visage changeait d’heure en heure !

Et voilà ça c’est passé comme ça. Une naissance si merveilleuse. Nous avons tellement de chance d’être toutes les 2 en bonne santé. Je ne pouvais pas rêver mieux. 5 ans et 1 jour plus tard nous avons accueilli dans notre famille une deuxième petite fille. Le jour exact que j’espérais ! Et désormais chaque année nous ferons 2 fêtes d’anniversaire d’affilée ce sera tellement chouette ça aussi !

La vie est vraiment trop belle, merci à elle ♡

1 comment

  • Quel beau récit, tellement émouvant. J’avais voté pour ton 3ème trimestre et ton accouchement dans deux articles différents mais finalement, je ne peux pas imaginer l’un sans l’autre tellement tout est lié. Tes deux petites filles sont nées à un jour d’écart, c’est tellement incroyable.

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